12 December 2018

Plastique, camps de réfugiés et imprimantes 3D

Dans le cadre de la série START (La science et la technologie accélérant les transformations rapides) de l’Impact Universitaire des Nations Unies, nous avons eu la chance d’échanger avec le concepteur australien HY William Chan à l’origine d’une initiative lancée en Grèce qui aborde les thèmes des déchets plastiques, de l’éducation et des camps de réfugiés.

12 décembre 2018 – Lorsque William Chan est arrivé dans le camp de réfugiés d’Athènes en mars, son expérience en architecture lui a permis d’appréhender la crise des réfugiés sous l’angle inédit du design et de l’urbanisation. Chan prit conscience que les déchets plastiques constituaient un problème majeur dans les camps, où d’énormes montagnes de gilets de sauvetage s’amoncelaient. Bien qu’ayant des conteneurs de recyclage, le camp ne disposait pas des infrastructures nécessaires pour trier les déchets plastiques, et le plastique était simplement regroupé avec le reste des déchets.

En travaillant avec une entreprise locale grecque d’architecture, ils ont pu mettre en place un laboratoire de fabrication dans lequel ils ont enseigné aux réfugiés comment concevoir et utiliser des imprimantes 3D. Le laboratoire d’enseignement était axé sur les STIM et le savoir-être, parce qu’il était important pour Chan que les étudiants disposent des outils nécessaires pour leur insertion professionnelle future. L’équipe en charge du programme d’étude s’assurait d’intégrer les établissements scolaires primaires dans l’élaboration du programme éducatif. L’idée d’inclusion à l’échelle locale a constitué un élément clé dans le processus, et les réfugiés ont pu entièrement contribuer à la création du programme.

Les jeunes réfugiés du camp ont fait part à Chan de l’importance d’être traité avec respect. Ils ont ressenti que ce projet les aidait non seulement à s’intégrer dans la communauté qui les accueille à Athènes, mais aussi à leur fournir un sentiment de dignité. Il était important pour Chan que l’équipe comprenne les besoins et le contexte du camp, mais également vital que la communauté se sente écoutée ; si les réfugiés ne s’étaient pas intéressés au projet, il savait qu’il n’y aurait aucune façon de s’assurer qu’ils participeraient au projet.

Aux yeux de Chan, le design peut et devrait jouer un rôle essentiel dans le cadre des environnements urbains durables futurs, et les camps de réfugiés ne doivent pas être négligés dans ce processus. A l’heure actuelle, les camps de réfugiés sont d’abord et avant tout perçus comme des lieux de transit, mais l’expérience montre que ce sont des lieux qui s’installent dans la longue durée, et qui devraient être traités en tant que tel. Chan pense qu’avec une bonne répartition des ressources, les camps de réfugiés peuvent devenir des hubs d’innovation – une idée que son projet met en lumière.

L’un des messages clé qu’il voudrait partager est l’importance d’inclure les jeunes dans la construction de leur avenir, afin de leur donner l’opportunité de devenir les propres architectes de leurs vies et de leurs environnements. Pour lui, les jeunes ont démontré posséder les compétences et le potentiel nécessaires pour devenir les acteurs du changement au sein de leurs communautés, peu importe l’endroit où ils se trouvent dans le monde.