9 July 2019

La réponse à la pauvreté et au changement climatique « n'est pas assez ambitieuse »

9 Juillet 2019

La réponse mondiale, pour réaliser les objectifs en matière de pauvreté et d'environnement convenus par les dirigeants du monde en 2015, n'a pas été « assez ambitieuse » selon le Secrétaire Général de l'ONU.

Dans son dernier rapport sur les progrès accomplis pour les 17 Objectifs de développement durable (ODD), António Guterres a déclaré que bien que les gouvernements du monde entier aient mis en oeuvre une « multitude de mesures » afin de réaliser les ODD, « les personnes et les pays les plus vulnérables continuent à souffrir le plus ».

Les 17 ODD engagent les pays à mobiliser leurs efforts pour mettre fin à toutes les formes de pauvreté, lutter contre les inégalités et le changement climatique. Pour plus de détails, cliquez ici.

Le rapport suit les progrès accomplis par les 193 États Membres de l'ONU pour 17 Objectifs et adopte une vision largement globale.  Cependant, bien que de nombreuses tendances concernant les ODD soient communes à toutes les régions, il existe d'importantes différences régionales. Voici six choses que vous devez savoir sur les progrès réalisés en vue d'atteindre certains des principaux objectifs du de développement durable. 

Changement climatique     

Décrit par M. Guterres comme une « menace existentielle » pour l'humanité, le changement climatique reste un obstacle majeur. Avec l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, le climat se détériore à un rythme beaucoup plus rapide que prévu et « ses effets se font clairement sentir dans le monde entier ».

L'objectif convenu par les dirigeants mondiaux, est de maintenir le taux de réchauffement de la planète en dessous de 2°C et si possible, à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. La température moyenne de la planète est déjà supérieure de 1°C aux niveaux préindustriels, et si une action décisive n'est pas entreprise, le réchauffement se poursuivra à un rythme insoutenable et pourrait bien dépasser 3°C d'ici la fin du siècle.

 Bien que des mesures positives soient déjà mises en place, en termes d'élaboration de plans climatiques et d'augmentation des financements, M. Guterres a déclaré que « des plans beaucoup plus ambitieux et une action accélérée sont nécessaires » en matière d'atténuation et d'adaptation climatiques.

Pauvreté 

L'extrême pauvreté, que l'ONU définit comme une condition caractérisée par une privation grave des besoins humains fondamentaux, continue de décliner, mais cette tendance s'est ralentie au point que le monde n'est plus sur la bonne voie pour atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté extrême à 3%  de la population mondiale d'ici 2030. Selon les estimations actuelles, il est plus probable qu'elle se situe autour de 6 %, soit environ 420 millions de personnes, une situation « gravement préoccupante » selon le chef de l'ONU. 

Les conflits violents et les catastrophes naturelles ont joué un grand rôle à cet égard. Dans la région arabe, l'extrême pauvreté était auparavant inférieure à 3 %. Cependant, les conflits en Syrie et au Yémen ont changé cette statistique pour le pire. 

Cependant, Au regard de l'Histoire, il y a des raisons d'être optimiste. La part de la population mondiale vivant dans l'extrême pauvreté était de 10% en 2015, 16% en 2010 et 36% en 1990.

Faim

La faim est de nouveau en hausse dans le monde, avec environ 821 millions de personnes sous-alimentées en 2017, contre 784 millions en 2015. Ainsi, une personne sur neuf dans le monde ne mange pas à sa faim. 

L'Afrique reste le continent où la sous-alimentation est la plus élevée, touchant un cinquième de sa population, soit plus de 256 millions de personnes. L'investissement public dans l'agriculture diminue dans le monde entier, une tendance qui doit être inversée selon le Secrétaire général. "Les petits producteurs de denrées alimentaires et les agriculteurs familiaux ont besoin d'un soutien beaucoup plus important et il est urgent d'investir davantage dans l'infrastructure et la technologie pour une agriculture durable. 

Le monde en développement est le plus durement touché par ce manque d'investissement. La part des petits producteurs alimentaires dans les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine varie de 40 à 85 pour cent, contre moins de 10 pour cent en Europe.

Santé

D'importants progrès ont été réalisés dans l'amélioration de la santé et de la qualité de vie de millions de personnes: Ainsi, l'espérance de vie augmente, la mortalité maternelle et infantile réduit et la lutte contre les maladies les plus dangereuses est prometteuse.

Malgré ces améliorations, on estime à 303 000 le nombre de femmes dans le monde qui sont décédées des suites de complications de la grossesse et de l'accouchement en 2015, dont la majorité en Afrique subsaharienne. 

Les progrès dans la lutte contre les principales maladies, telles que le paludisme et la tuberculose, ont stagné ou ne progressent pas assez vite, tandis qu'au moins la moitié de la population mondiale, soit quelque 3,5 milliards de personnes, n'a pas accès aux services de santé essentiels.

M. Guterres a déclaré que « des efforts concertés sont nécessaires pour parvenir à une couverture sanitaire universelle, à un financement durable de la santé et pour faire face au fardeau croissant des maladies non transmissibles, y compris la santé mentale ».

Égalité des sexes 

La violence de genre persiste. Dans le monde, environ un cinquième des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violence physique ou sexuelle au cours des 12 derniers mois. La proportion est plus élevée dans les 47 pays les plus pauvres du monde, un groupe que l'ONU appelle les pays les moins avancés ou PMA.

Bien que certains indicateurs de l'égalité entre les sexes progressent, comme une baisse importante des mutilations génitales féminines et des mariages précoces, les chiffres globaux restent trop haut. En outre, les progrès demeurent insuffisants quant aux questions structurelles à l'origine de l'inégalité entre les sexes comme la discrimination juridique, les normes et attitudes sociales injustes, la prise de décision sur les questions relatives à la sexualité et à la procréation et le faible niveau de participation à la vie politique.

Le Secrétaire général de l'ONU a déclaré : « Il n'est tout simplement pas possible d'atteindre les 17 ODDs sans parvenir à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes et des filles ».

Travail et emploi 

Les experts s'accordent à dire qu'une croissance économique qui englobe tous les secteurs de la société tout en étant durable peut stimuler le progrès et générer les moyens de mettre en œuvre les Objectifs de Développement Durable. À l'échelle mondiale, la productivité du travail a augmenté et le chômage est revenu aux niveaux observés avant le krach financier de 2008, mais l'économie mondiale croît à un rythme plus lent. Et les jeunes sont trois fois plus susceptibles d'être au chômage que les adultes. M. Guterres a déclaré que « des progrès supplémentaires sont nécessaires pour accroître les possibilités d'emploi, en particulier pour les jeunes, réduire l'emploi informel et l'écart de rémunération entre les sexes, et promouvoir des environnements de travail sûrs et sécurisés pour créer du travail décent pour tous ».