7 October 2019

L’autonomisation politique des femmes, un élément essentiel pour un Soudan davantage démocratique, pacifique et inclusif

Tout au long de l’histoire mouvementée qu’a connu le Soudan, et qui a été faite de révolutions contre les dictatures, le racisme et la guerre, les femmes soudanaises ont longtemps été empêchées de participer activement à la vie politique. Afin de promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, l’Université Ahfad pour les femmes et le Centre pour l’Objectif 5 de l’Impact Universitaire des Nations Unies ont organisé un séminaire sur « Le rôle des femmes dans le gouvernement civil », mais ont aussi rencontré une délégation de haut niveau de l’Union Africaine.

Le séminaire, présidé par le professeur Balghis Badri de l’Institut régional du genre, de la diversité, de la paix et des droits de l’Université Ahfad, traita de la participation active des femmes au sein du gouvernement. 83 personnes y ont assisté, dont le docteur Tamadur Khalid de l’UNICEF, des activistes féministes, des représentants d’ONG et des personnalités politiques.

L’activisme féministe au Soudan a été abordé et les débats ont permis d’analyser les façons dont le plaidoyer informel peut prendre la forme d’une structure formelle dédiée pour répondre aux besoins et demandes des femmes. À l’issue de ce séminaire, le professeur Badri prépara une proposition pour la création d’une Commission sur le Genre et les Femmes, esquissant sa vision, ses missions, ses fonctions et sa structure organisationnelle. Un groupe d’experts sur le genre a évalué la proposition avant de la partager avec les participants pour l’approfondir davantage. Le document final a ensuite été soumis au Premier ministre du Soudan, Monsieur Abdalla Hamdok. Globalement, les participants espèrent qu’avec le nouveau gouvernement démocratique, la Commission sur le Genre et les Femmes verra le jour, conformément à leur proposition.

En parallèle de l’organisation du séminaire, l’Université Ahfad pour les femmes a rencontré au mois d’août 2019 une délégation de haut niveau de l’Union Africaine pour échanger sur la promotion au Soudan de l’Objectif de Développement Durable n° 5 : égalité entre les sexes. La délégation était composée d’importantes dirigeantes africaines comme Leurs Excellences Madame Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine, Madame Fatima Bent Khatri, ancienne ministre mauritanienne en charge de la promotion féminine, de l'enfance et de la famille, et de l’Ambassadeur Mathu Joyini, directrice adjointe au Ministère des affaires étrangères d’Afrique du Sud.

En envisageant un Soudan davantage démocratique, pacifique et inclusif, la délégation a discuté de la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décision. Le professeur Badri de l’Université Ahfad pour les femmes fît une présentation sur les multiples façons dont les femmes peuvent répondre aux problématiques liées au genre.

En précisant que les femmes viennent de différents horizons, qu’ils soient socio-économiques, ethniques, religieux, idéologiques ou générationnels, le professeur Badri a souligné la nature multiforme et transversale que prennent les droits des femmes. Cela s’applique tout particulièrement au Soudan où les perspectives en matière de genre varient selon les identités arabes et africaines, les milieux religieux et idéologiques, les perspectives socialo-communistes, et les groupes d’âge plus jeunes. Au sein de ces groupes, deux principaux désaccords font surface. Le premier est en matière de savoir si la loi encadrant les droits des femmes doit se fonder sur la religion ou la laïcité. Le second porte sur la volonté de ratifier des conventions internationales et régionales. Néanmoins, l’ensemble des groupes de femmes ont appelé à la promotion des besoins fondamentaux des femmes soudanaises, ainsi qu’à l’égalité au sein des postes de décision et au sein de la vie politique.

Sur la base d’un commun accord, le professeur Badri a demandé à la Commission de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité de tenir une conférence destinée aux femmes soudanaises afin d’accomplir cette transformation en apprenant des bonnes pratiques existantes dans d’autres pays. De plus, cette conférence soutiendrait la ratification du Protocole sur les droits de la femme en Afrique ainsi que le renforcement des capacités des groupes de femmes dans les secteurs du leadership, du réseautage et du lobbying, et servirait de plateforme d’échange des connaissances disponibles concernant les rôles des femmes en vue d’atteindre la justice